vendredi 29 avril 2016

Ouroboros moderne

En passant devant les bureaux administratifs du CHUM, je suis tombé sur une sculpture métallique plutôt intrigante. J'y ai cherché un sens. J'ai voulu trouver le bout de cet étrange écheveau replié sur lui même. Je le cherche encore. Je me suis demandé si elle se voulait l'illustration symbolique d'ouroboros, le serpent qui se mange la queue pour rappeler le cycle éternel de la nature.

Éternel. Est-ce qu'on pourrait y voir ce qui a semblé à certains une éternité entre l'idéation et la réalisation finale du CHUM. À moins que l'auteur ou un exégète ne m'éclaire sur le sens ésotérique de cette sculpture, je continuerai à nager dans le mystère ou pire, dans la spéculation.
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Esprit de clocher

On ne peut nier le charme d'un clocher accroché à son église. Il en va tout autrement quand le dit clocher se trouve amputé de la partie vitale de son architecture. J'imagine en le voyant le nez de Cyrano privé de la charpente virile de l'illustre guerrier d'Edmond Rostand.

Après la façade imposée rue Saint-Denis au moment de la construction de l'UQAM, voilà qu'on refait le coup à cette pauvre rue en lui imposant une deuxième tour. cette fois coin Saint-Denis et Viger. À la voir plantée là, isolée dans son coin comme un cancre coiffé d'un bonnet d'âne, j'éprouve de l'inconfort pour elle.

Les plus cyniques pourraient être tenté de voir dans la sauvegarde des pignons d'église non pas un attachement à la foi qu'ils ont jadis symbolisée, mais une résilience de l'esprit de clocher. Montréal semble en effet tenir mordicus à sa réputation de ville aux mille clochers.

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mercredi 27 avril 2016

La déprime du penseur

Il s’est appelé le poète avant de devenir Le Penseur. Depuis plus de 130 ans, la créature d’Auguste Rodin incarne un homme perdu dans ses pensées. Il pourrait tout aussi bien illustrer la célèbre affirmation de René Descartes pour qui penser constitue la preuve de son existence. Avec son « Je pense donc je suis » le philosophe déclarait que l’homme ne peut avoir la capacité de douter de toutes choses de façon constructive que s’il ne doute pas de sa propre capacité à douter.
Embourbé depuis plus d’un siècle dans cette spirale infernale, le penseur n’affiche plus aujourd’hui la superbe dont l’avait gratifié le créatif Rodin. Je l’imagine facilement dans cette sculpture blanchie, coin Saint-Denis et Sherbrooke, comme s’il avait soudain réalisé la vacuité de toutes ces années de cogitation.
Peut-être quelqu’un lui a-t-il confié cette autre « vérité » qui veut que l’absence de pensée soit à l’origine de l’illumination du Buddha. Quoi qu’il en soit, la dualité de croyances aurait eu pour conséquence de le plonger dans une profonde déprime.

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lundi 25 avril 2016

La musique pour mieux s'envoler

La musique m'a attiré dans cette rue du Vieux-Montréal. Il y a des airs qui semblent nés pour être interprétés sur un accordéon. Sur une petite chaise inconfortable, Rosita faisait danser ses doigts sur le clavier d'un instrument qui semble trop grand pour elle... mais certainement pas pour son talent.
Il y avait quelque chose d'angélique dans cette scène où une jeune femme aux allures d'actrice de cinéma charme les passants avec sa musique.

Les choses ne sont pas toujours, sinon jamais ce qu'elles semblent toutefois. Rosita n'a rien d'une déesse romaine malgré son nom. Elle arrive d'Australie, son continent de naissance, pour étudier à l'École nationale de cirque de Montréal dont la réputation s'est rendue jusqu'à elle. L'accordéon et son talent lui servent à défrayer le coût de ses études. Elle ne fera donc plus danser bien longtemps les passants du Vieux-Montréal, mais continuera sans doute d'attirer un jour les foules sous un chapiteau.

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La foule bigarrée des Tam Tam

Pour le voyeur urbain, les Tam Tam représentent la quintessence de la diversité humaine. On y trouve de tout. Des hippies des années 60, des petites familles rangées, des cyclistes en spendex, des randonneurs du dimanche, des noirs, des blancs, des jeunes, des vieux, des jeunes vieux qui s'y intègrent avec un naturel qui ferait l'envie de l'ONU.
Il y a des personnages qui émergent aussi du groupe comme ce musicien digne d'un personnage du Bon, la brute et le truand de Sergio Léone, qui donne une petite pause à son Tam Tam tout en faisant lui-même le plein d'inspiration.
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Pourquoi les Tam Tam ne sont pas cacophoniques

 
Il y a les pros et les néophytes. Malgré tout les Tam Tam du Mont-Royal sont rarement cacophoniques. La raison : la présence de quelques leaders qui battent la mesure. Leurs sonorités émergent de l'ensemble comme le phare dans une nuit de brouillard. Le bruit de ceux qui sont à contre pied de la mesure se fond malgré tout dans le rythme harmonieux de ceux qui suivent fidèlement le rythme.
 
Si cela semble si simple lors d'un rassemblement musical d'individus de tous horizons, pourquoi la société a-t-elle tant de difficulté à vibrer au même diapason? Et si c'était parce que nos leaders eux-mêmes manquent d'harmonie. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à constater le nombre effarant de fausses notes de certains de nos élus.
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